Jeudi 13 Août 2026
Nation

Maniema : L'éveil difficile d'un géant enclavé sous l'impulsion de Moïse Mussa Kabwankubi

Maniema : L'éveil difficile d'un géant enclavé sous l'impulsion de Moïse Mussa Kabwankubi

La province du Maniema, située au cœur géographique de la République démocratique du Congo, recèle un potentiel naturel exceptionnel qui contraste violemment avec son isolement socio-économique chronique. Longtemps considérée comme le poumon agricole de la région et un réservoir minier de premier ordre, cette province souffre d'un enclavement systémique qui paralyse son développement et appauvrit sa population. Face à ces défis structurels majeurs, le gouverneur de province, Moïse Mussa Kabwankubi, s'est engagé dans une stratégie pragmatique axée sur le désenclavement routier, la gouvernance de proximité et la valorisation environnementale pour amorcer un développement durable.

Un scandale géologique et agricole aux opportunités inexploitées

Le sous-sol du Maniema regorge de richesses minérales stratégiques indispensables à l'économie mondiale, notamment des gisements majeurs de cassitérite (étain), de coltan, d'or et de diamant, dont l'exploitation reste aujourd'hui essentiellement artisanale. Sur le plan agro-pastoral, ses terres fertiles offrent un potentiel immense pour la culture de masse du riz, du maïs, du manioc et de l'huile de palme, capables de nourrir l'ensemble de la région est du pays. À ces atouts s'ajoute un patrimoine forestier et une biodiversité denses, qui ouvrent des perspectives concrètes dans l'économie verte, les crédits carbone et le tourisme de conservation.

Le piège de l’enclavement et la détresse du tissu social

Malgré ces atouts, le Maniema demeure prisonnier d'un isolement géographique extrême, n'ayant aucune frontière directe avec les pays voisins et manquant de connexions viables avec les grands centres de consommation nationaux. Le réseau routier intérieur s'est fortement dégradé au fil des décennies, rendant l'évacuation des produits agricoles extrêmement laborieuse et coûteuse pour les paysans. Cet enclavement paralyse les échanges commerciaux, provoque une inflation asymétrique sur les produits manufacturés importés et prive la province d'investissements industriels structurants. Sur le plan social, les difficultés se traduisent par une précarité sanitaire aiguë, un accès limité à l'eau potable, la persistance de maladies endémiques et un chômage de masse qui frappe de plein fouet la jeunesse des sept territoires.

La doctrine routière de Moïse Mussa : privilégier la desserte agricole

Pour rompre ce cercle vicieux, le gouverneur Moïse Mussa Kabwankubi a fait le choix de la rationalité économique face aux contraintes budgétaires de la province. Plutôt que de concentrer les maigres ressources financières dans le goudronnage coûteux de la seule voirie urbaine de Kindu, l'autorité provinciale a réorienté les priorités vers la réhabilitation des routes de desserte agricole. Cette stratégie vise à reconnecter les grands bassins de production ruraux aux centres de consommation et de transit ferroviaire. L'objectif affiché de son administration est de remettre en état près de 1 000 kilomètres de routes territoriales, facilitant ainsi la circulation des personnes, faisant chuter le prix des denrées alimentaires de base et augmentant le pouvoir d'achat des ménages ruraux.

Offensive environnementale et diplomatie de développement

Parallèlement au désenclavement physique, la gouvernance de Mussa Kabwankubi se distingue par une forte impulsion donnée à la transition écologique comme levier de financement. En étroite collaboration avec le gouvernement central, le gouverneur a réussi à attirer une conférence multisectorielle d'envergure sur l'agriculture, l'eau et le tourisme à Kindu, captant d'importantes promesses d'investissements internationaux. Ses démarches auprès du Ministère de l'Environnement et du Développement durable ont permis d'accélérer l'implantation locale d'une antenne du Fonds forestier national (FFN) et de réguler les contrats des concessionnaires forestiers pour s'assurer que les communautés locales bénéficient légalement des retombées de l'exploitation de leurs bois.

Rétablir la confiance publique et maintenir le cap

Malgré des tensions régulières liées à l'irrégularité des transferts de rétrocession du pouvoir central, qui poussent la régie financière locale à optimiser les recettes propres, l'exécutif provincial maintient une gestion de terrain axée sur la transparence. Face aux contestations politiques et aux crises institutionnelles au sein de son assemblée provinciale, Moïse Mussa Kabwankubi mise sur le pragmatisme opérationnel pour démontrer l'impact direct de son action. En plaçant les infrastructures rurales et la protection de la biodiversité au centre de son agenda, il jette les bases d'un désenclavement multidimensionnel indispensable pour sortir définitivement le Maniema de sa léthargie économique.

GBE