La province du Maniema, située au cœur géographique de la République démocratique du Congo, recèle un potentiel naturel exceptionnel qui contraste violemment avec son isolement socio-économique chronique. Longtemps considérée comme le poumon agricole de la région et un réservoir minier de premier ordre, cette province souffre d'un enclavement systémique qui paralyse son développement et appauvrit sa population. Face à ces défis structurels majeurs, le gouverneur de province, Moïse Mussa Kabwankubi, s'est engagé dans une stratégie pragmatique axée sur le désenclavement routier, la gouvernance de proximité et la valorisation environnementale pour amorcer un développement durable.
Un scandale géologique et agricole aux
opportunités inexploitées
Le sous-sol du Maniema regorge de richesses
minérales stratégiques indispensables à l'économie mondiale, notamment des
gisements majeurs de cassitérite (étain), de coltan, d'or et de diamant, dont
l'exploitation reste aujourd'hui essentiellement artisanale. Sur le plan
agro-pastoral, ses terres fertiles offrent un potentiel immense pour la culture
de masse du riz, du maïs, du manioc et de l'huile de palme, capables de nourrir
l'ensemble de la région est du pays. À ces atouts s'ajoute un patrimoine
forestier et une biodiversité denses, qui ouvrent des perspectives concrètes
dans l'économie verte, les crédits carbone et le tourisme de conservation.
Le piège de l’enclavement et la détresse du
tissu social
Malgré ces atouts, le Maniema demeure
prisonnier d'un isolement géographique extrême, n'ayant aucune frontière
directe avec les pays voisins et manquant de connexions viables avec les grands
centres de consommation nationaux. Le réseau routier intérieur s'est fortement
dégradé au fil des décennies, rendant l'évacuation des produits agricoles
extrêmement laborieuse et coûteuse pour les paysans. Cet enclavement paralyse
les échanges commerciaux, provoque une inflation asymétrique sur les produits
manufacturés importés et prive la province d'investissements industriels
structurants. Sur le plan social, les difficultés se traduisent par une
précarité sanitaire aiguë, un accès limité à l'eau potable, la persistance de
maladies endémiques et un chômage de masse qui frappe de plein fouet la
jeunesse des sept territoires.
La doctrine routière de Moïse Mussa :
privilégier la desserte agricole
Pour rompre ce cercle vicieux, le gouverneur
Moïse Mussa Kabwankubi a fait le choix de la rationalité économique face aux
contraintes budgétaires de la province. Plutôt que de concentrer les maigres
ressources financières dans le goudronnage coûteux de la seule voirie urbaine
de Kindu, l'autorité provinciale a réorienté les priorités vers la
réhabilitation des routes de desserte agricole. Cette stratégie vise à
reconnecter les grands bassins de production ruraux aux centres de consommation
et de transit ferroviaire. L'objectif affiché de son administration est de
remettre en état près de 1 000 kilomètres de routes territoriales, facilitant
ainsi la circulation des personnes, faisant chuter le prix des denrées
alimentaires de base et augmentant le pouvoir d'achat des ménages ruraux.
Offensive environnementale et diplomatie de
développement
Parallèlement au désenclavement physique, la
gouvernance de Mussa Kabwankubi se distingue par une forte impulsion donnée à
la transition écologique comme levier de financement. En étroite collaboration
avec le gouvernement central, le gouverneur a réussi à attirer une conférence
multisectorielle d'envergure sur l'agriculture, l'eau et le tourisme à Kindu,
captant d'importantes promesses d'investissements internationaux. Ses démarches
auprès du Ministère de
l'Environnement et du Développement durable ont permis d'accélérer
l'implantation locale d'une antenne du Fonds forestier national (FFN) et de
réguler les contrats des concessionnaires forestiers pour s'assurer que les
communautés locales bénéficient légalement des retombées de l'exploitation de
leurs bois.
Rétablir la confiance publique et maintenir
le cap
Malgré des tensions régulières liées à
l'irrégularité des transferts de rétrocession du pouvoir central, qui poussent
la régie financière locale à optimiser les recettes propres, l'exécutif
provincial maintient une gestion de terrain axée sur la transparence. Face aux
contestations politiques et aux crises institutionnelles au sein de son
assemblée provinciale, Moïse Mussa Kabwankubi mise sur le pragmatisme
opérationnel pour démontrer l'impact direct de son action. En plaçant les
infrastructures rurales et la protection de la biodiversité au centre de son
agenda, il jette les bases d'un désenclavement multidimensionnel indispensable
pour sortir définitivement le Maniema de sa léthargie économique.
GBE

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