En déférant la loi organique portant organisation du référendum à la Cour constitutionnelle, le président Félix Tshisekedi inscrit l'évolution institutionnelle de la RDC dans le strict respect de l'État de droit. Loin d'être un sujet tabou, la révision constitutionnelle est un droit d'initiative partagé et déjà expérimenté en 2011, à l'image des grandes démocraties mondiales qui adaptent régulièrement leurs textes fondamentaux aux enjeux du moment.
Dans son discours à la nation prononcé lors de
la fête de l'indépendance, le président Félix Tshisekedi a annoncé avoir déféré
la loi organique portant organisation du référendum à la Cour constitutionnelle
pour un examen préalable de conformité. Loin d'être un coup de frein ou l'aveu
d'une crise, cette saisine, conforme à l’article 160 alinéa 3 de la
Constitution, relève d'une procédure républicaine standard visant à valider
l'architecture juridique d'un texte adopté successivement par l'Assemblée
nationale et le Sénat. Portée initialement par le député Paul-Gaspard
Ngondankoy, cette loi vient combler un vide juridique flagrant en fixant les
modalités d’application d’un outil de consultation populaire pourtant déjà
prévu par la Constitution de 2006.
Une évolution légale et un droit
d'initiative partagé
Le débat enflammé qui entoure ce texte à
Kinshasa tend à faire oublier une réalité juridique fondamentale : la
Constitution congolaise n'a jamais sanctuarisé l'immutabilité absolue de son
texte. Bien au contraire, son article 218 organise explicitement les modalités
de sa propre révision. L'initiative d'une modification constitutionnelle n'est
pas le monopole de l'exécutif ; elle est un droit démocratique partagé, reconnu
aussi bien au président de la République qu'aux parlementaires (députés et
sénateurs) et à la population elle-même par le biais d'une pétition citoyenne.
Présenter la révision des textes fondamentaux comme un sujet tabou ou une
anomalie démocratique relève donc d'une imposture intellectuelle qui nie
l'esprit même des institutions de la République Démocratique du Congo.
L'expérience historique de 2011 et les
standards mondiaux
L'histoire politique récente de la RDC
démontre qu'adapter la loi suprême aux réalités du moment est un exercice déjà
pratiqué sous le régime précédent. La révision constitutionnelle de janvier
2011, qui avait notamment instauré l'élection présidentielle à tour unique,
prouve que le texte de 2006 a vocation à évoluer pour répondre aux impératifs
de gouvernance et d'efficacité de l'État. Sur la scène internationale, cette
plasticité constitutionnelle est la norme des grandes démocraties. La France a
révisé sa Constitution de la Ve République à plus de vingt reprises pour s'adapter
aux enjeux modernes. La Russie et la Chine ont également refondu leurs cadres
institutionnels fondamentaux afin de répondre à des contextes géopolitiques et
économiques en pleine mutation.
La clarification des mécanismes
institutionnels et de la souveraineté
L'arbitrage attendu de la Cour
constitutionnelle doit être lu comme une étape technique de sécurisation et non
comme le dénouement d'une crise artificielle. En encadrant strictement la
convocation du référendum par le chef de l'État et son organisation par la
Commission électorale nationale indépendante (CENI), la loi Ngondankoy dote
enfin le pays d'un mécanisme légal transparent. Plutôt que d'alimenter les
procès d'intention sur de prétendus agendas caches, cette loi offre un cadre
prévisible où le peuple congolais pourra, le moment venu, exercer sa
souveraineté si les enjeux nationaux l'exigent. En s'en remettant aux sages de
la Haute Cour, le président Félix Tshisekedi confirme que l'évolution
démocratique de la RDC s'opère dans le strict respect de l'État de droit et de
la coopération interinstitutionnelle
GEB
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