L’entrée en fonction officielle du nouveau comité de gestion de l’Office Congolais de Contrôle, installé ce mardi 9 juin 2026 à Kinshasa, ouvre un chapitre décisif pour la protection des consommateurs en République Démocratique du Congo. Portée par le professeur Pierre Lohohola Osomba à la Direction Générale et le Docteur Patrice Nowa Lelo à la présidence du Conseil d’administration, cette nouvelle impulsion managériale s’aligne sur un vaste programme gouvernemental de modernisation technique et de lutte contre la contrefaçon.
Une reprise en main stratégique dictée par
le gouvernement
La mise en place de cette nouvelle équipe
dirigeante intervient au moment où le ministère du Commerce extérieur, dirigé
par Julien Paluku Kahongya, durcit le ton face à l'importation de produits non
conformes. Lors de la séance de notification des mandataires, la tutelle
sectorielle a fixé des lignes directrices strictes axées sur la revalorisation
du capital humain, la bonne gouvernance et la numérisation des procédures de
contrôle. Pour les autorités de Kinshasa, l'enjeu immédiat consiste à
transformer cet établissement public commercial en un véritable bouclier
sanitaire capable d’empêcher que le territoire congolais ne devienne un
déversoir pour les marchandises frelatées.
Modernisation des laboratoires et réduction
des délais d'analyse
Cette transition administrative coïncide avec
une mise à niveau technologique sans précédent des infrastructures de l'Office.
Grâce à un partenariat stratégique avec la firme internationale BIVAC BV, le
gouvernement a doté les directions provinciales de Kinshasa, Matadi et Kalemie
de kits d'analyse physico-chimiques et microbiologiques de dernière génération.
Ces équipements de pointe permettent de traiter simultanément de multiples
paramètres biologiques, réduisant de manière drastique les délais d'attente
pour les opérateurs économiques. Cette modernisation se déploie également dans
l'espace grand Katanga, avec la mise en service imminente d'un laboratoire
hautement spécialisé dans l'analyse des produits pétroliers à Lubumbashi.
La numérisation comme arme fatale contre la
fraude commerciale
L’autre innovation majeure de ce plan de
redressement institutionnel réside dans le lancement d’outils numériques de
traçabilité. L’OCC expérimente actuellement une application mobile grand public
permettant à chaque citoyen de vérifier instantanément la conformité d'un
produit par simple scannage des codes-barres et des QR codes. Ce logiciel
ciblera en priorité les produits pharmaceutiques et cosmétiques importés, deux
secteurs particulièrement touchés par les circuits de contrefaçon. Le
gouvernement a réaffirmé sa politique de tolérance zéro : toute marchandise
jugée frauduleuse fera l'objet d'une saisie et d'une destruction immédiate sous
supervision judiciaire, assortie de lourdes sanctions financières pour les
contrevenants.
Consolidation des compétences et
rayonnement régional
Pour pérenniser ces réformes opérationnelles,
l’Office met l'accent sur la formation continue de ses cadres et agents. Des
sessions approfondies sur les procédures d’attribution des marchés publics et
sur la facturation normalisée ont été organisées en collaboration avec l’ARMP.
Sur le terrain de la normalisation internationale, les efforts portent leurs
fruits : le laboratoire agroalimentaire de la direction provinciale du
Kongo-Central vient de maintenir son accréditation officielle auprès du système
d'accréditation de la SADC (SADCAS). Cette reconnaissance technique permet aux
produits certifiés "Made in DRC" d'accéder plus facilement aux
marchés régionaux, consolidant ainsi la position de l'OCC comme un acteur de
référence pour la compétitivité économique du pays.
BDE

Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.