Face à l'insalubrité chronique qui étouffe Kinshasa, le gouvernement congolais passe à la vitesse supérieure. Pour redonner son éclat à la "capitale de la propreté", les autorités déploient un plan d'urgence axé sur la coercition et le ramassage systématique des déchets. Au cœur de cette stratégie de la dernière chance se trouve le Service National, dirigé par le général de brigade Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Cette force paramilitaire, reconnue pour sa discipline fer, s'impose désormais comme l'atout majeur pour relever un défi logistique et comportemental qui a fait échouer toutes les administrations précédentes.
La transformation de Kinshasa en une vaste
décharge à ciel ouvert n'est plus seulement un problème d'image, c'est une
urgence sanitaire majeure pour ses dix-sept millions d'habitants. Face à la
saturation des caniveaux, à l'obstruction des voies publiques par les montagnes
de plastique et aux inondations à répétition, le gouvernement vient de décréter
une série de mesures urgentes. Ce plan d'action immédiat prévoit le curage
systématique des rivières urbaines, l'installation de grands bacs de collecte
dans les vingt-quatre communes et l'interdiction stricte du rejet de déchets
sur la voie publique. Pour rompre avec l'impunité, des brigades de salubrité
ont reçu le pouvoir d'infliger des amendes directes aux ménages et aux commerces
récalcitrants.
L'innovation majeure de cette énième campagne
réside toutefois dans la réorientation opérationnelle du Service National.
Connu pour ses succès spectaculaires dans la production agricole à Kaniama
Kasese, ce service rattaché à la présidence est appelé en renfort dans la
capitale. Le leadership rigoureux de son commandant, le général Jean-Pierre
Kasongo Kabwik, constitue le principal gage de réussite de cette opération.
Sous sa direction, le Service National dispose d'atouts logistiques et humains
uniques, à commencer par une main-d'œuvre disciplinée composée de milliers de
jeunes bâtisseurs, anciens désœuvrés et "kulunas" rééduqués, prêts à
être projetés sur les points noirs de la capitale.
Au-delà du capital humain, le général Kasongo
Kabwik a su doter sa structure d'équipements lourds de génie civil (engins de
chantier, camions bennes, tracteurs) capables de mener des opérations de
déblayage de grande envergure, là où les entreprises privées font défaut. La
discipline militaire imposée par le commandement garantit une exécution rapide
des ordres, loin des lourdeurs bureaucratiques et des soupçons de détournement
de fonds qui ont gangréné les projets antérieurs comme "Kinshasa
Bopeto".
Le succès de ce plan d'urgence dépendra de la
coordination entre les forces du Service National et l'exécutif provincial de
Kinshasa. Si le Service National possède la force de frappe nécessaire pour
nettoyer la ville à court terme, la pérennisation de ces résultats exigera la
construction d'usines de traitement des déchets et un changement radical des
mentalités de la population. Pour le général Kasongo Kabwik, le défi kinois
représente un test grandeur nature : prouver que la discipline militaire peut
vaincre l'incivisme urbain et redonner sa dignité à la première mégapole
d'Afrique francophone.
BDE

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