À l'occasion du jubilé de diamant de la
Foire Internationale de Zambie (ZITF), l’Office Congolais de Contrôle (OCC)
déploie une offensive commerciale d'envergure. Mandatée par le Directeur
Général, le Professeur Pierre Lohohola Osomba, une délégation de haut niveau
s'est installée au cœur du pavillon de la République démocratique du Congo.
L'objectif affiché est de positionner l'organisme public comme un pont
technique incontournable, et non comme une barrière administrative, face aux
mutations de la zone de libre-échange d'Afrique australe.
Une diplomatie normative axée sur le
corridor de Kasumbalesa
Placée sous le thème de l'interconnexion des
marchés, cette édition consacre le rôle stratégique de l'OCC dans la
fluidification des échanges bilatéraux. Les cadres des directions provinciales
du Haut-Katanga, du Lualaba et de l'agence de Tenke-Fungurume ont profitent de
cette vitrine pour vulgariser les procédures de certification auprès des
opérateurs internationaux. L'accent est mis sur l'optimisation des contrôles de
conformité au poste frontalier de Kasumbalesa, véritable poumon économique
reliant la RDC et la Zambie. Cette démarche vise à réduire les délais de
transit tout en garantissant la sécurité des consommateurs.
Pour y parvenir, l'OCC applique une
architecture réglementaire stricte, calquée sur les exigences de la Communauté
de Développement de l'Afrique Australe (SADC). Les exportateurs
transfrontaliers doivent désormais se soumettre à l'obligation du Certificat de
Conformité, délivré avant l'embarquement des marchandises. De plus, l'OCC
applique rigoureusement les normes sanitaires et phytosanitaires en traquant
les résidus de pesticides, les métaux lourds et la présence de mycotoxines sur
les denrées en vrac qui transitent par la frontière.
L'appui aux produits hors-mines face aux
exigences régionales
Au-delà des simples formalités douanières, le
stand de l'OCC sert de plateforme d'accompagnement pour les Petites et Moyennes
Entreprises (PME) congolaises venues exposer leur potentiel agroalimentaire et
artisanal. Dans l’esprit des directives régionales, l'Office s'investit dans la
valorisation des matières premières locales pour aider les producteurs de
l'arrière-pays à capter de la valeur ajoutée à la source.
Cette intégration commerciale impose toutefois
des contraintes techniques majeures, notamment le respect des règles d'origine
de la SADC, qui exigent un taux minimum de valeur ajoutée locale pour ouvrir
droit aux exonérations douanières. Les inspecteurs veillent également à
l'application des règles d'étiquetage bilingue en français et en anglais,
garantissant la traçabilité complète des composants et des dates de péremption
pour les produits destinés aux marchés d'Afrique centrale et australe.
Un arbitrage nécessaire entre contrôle
strict et libre-échange
Toutefois, la présence de l'OCC à Ndola ravive
le débat critique sur l'équilibre entre la rigueur des inspections et la
rapidité des transactions transfrontalières réclamée par les transporteurs
régionaux. Si l'établissement public réaffirme sa mutation en partenaire de
croissance pour la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), les
opérateurs économiques rappellent la nécessité d'harmoniser urgemment les
laboratoires de contrôle avec les standards zambiens.
Sans une numérisation totale des procédures de
certification de conformité, les déclarations de principes faites lors de ces
grandes manifestations foraines peineront à éliminer durablement les
tracasseries et les files d'attente qui ralentissent encore le corridor Sud.
MIE

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